Contexte
Les politiques culturelle et touristique jouent un rôle et occupent une situation paradoxale en regard de l’attractivité d’un territoire ! En effet, dans le même temps :
- elles constituent un élément essentiel de son attrait ;
- elles sont tributaires de son image pour attirer les populations et les acteurs nécessaires à leur mise en œuvre.
Comme il existe une véritable compétition entre les métropoles, les villes et les espaces ruraux, les politiques que vous élaborez doivent valoriser les atouts dont vous disposez afin de :
- renforcer une identité ;
- accentuer une spécificité ;
- pérenniser vos forces.
Cette question de la compétition et de la « concurrence » que se mènent les bassins et lieux de vie n’est pas neutre, notamment après la période de la pandémie de Covid-19, et à l’heure où est réinterrogée, dans la société, la question des mobilités, où est questionné le concept de la surconsommation et où les modèles de développement économique fondés sur une compétitivité des entreprises et une surenchère de l’offre de services se trouvent fortement remis en question. Les séquences de confinement et de restrictions de liberté de déplacement, ainsi que la généralisation du télétravail, ont généré un regain d’intérêt pour les villes « à taille humaine » situées à une à deux heures des grandes métropoles comme Paris ou Lyon. Une tension s’opère aujourd’hui entre le principe de résidence qui permet tout à la fois qualité de vie et niveau correct de services (auxquels sont habitués les citadins qui souhaitent « se mettre au vert ») et le principe d’un renoncement aux inconvénients de nos sociétés mondialisées et urbanisées : bruit, pollution, pénibilité des transports, etc. Les paradigmes de « l’attractivité du territoire », et ses leviers culturels, sont donc à repenser à l’aune de cette dualité entre le maintien des services et une meilleure qualité de vie.
Par ailleurs, le principe de développement économique des territoires, qui hier constituait un enjeu majeur d’attractivité des populations et la stratégie première des élus locaux, est aujourd’hui sérieusement écorné, voire remisé, de par l’impact carbone et environnemental qu’il génère. On lui préfère désormais de plus en plus, sur le modèle de la permaculture, des « écosystèmes » écologiquement plus durables et socialement plus vertueux, dans l’esprit des « circuits courts » ou « circuits circulaires » qui trouvent aujourd’hui à se décliner dans chacun des secteurs d’activités, y compris dans celui des politiques publiques de la culture.