Son intervention a mis en lumière une volonté de recentrer les efforts sur les agents publics les moins bien rémunérés, tout en tenant compte des contraintes économiques et budgétaires de l’État.
L’augmentation des bas salaires de la fonction publique : une priorité pour Laurent Marcangeli
Laurent Marcangeli a clairement désigné comme priorité les agents publics percevant entre 1 500 € et 1 700 € nets par mois, ce qui représenterait environ 20 % des effectifs de la fonction publique d’État et de la fonction publique territoriale selon les estimations syndicales, soit une frange de personnels proches du salaire minimum. Ces agents, souvent issus des catégories C, exercent des métiers essentiels dans des secteurs en tension : petite enfance, entretien, sécurité, ou encore fonctions techniques territoriales. Le ministre entend éviter leur paupérisation progressive en mettant en œuvre des mesures ciblées, jugées urgentes et nécessaires.
Le ministre de l’Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification insiste également sur la nécessité de restaurer une reconnaissance salariale à la hauteur des responsabilités assumées et des contraintes professionnelles. Il évoque un dialogue social « constructif et durable » pour traduire cette reconnaissance en mesures concrètes, ancrées dans une concertation régulière avec les organisations syndicales. Ce positionnement s’inscrit dans une volonté affichée de réparer une forme d’injustice structurelle subie par certains agents depuis plusieurs années.
Quelles sont les mesures envisagées pour augmenter les bas salaires dans la fonction publique ?
Face à des finances publiques contraintes, le ministre de l’Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification privilégie une approche progressive et pérenne. Il envisage des ajustements réguliers des rémunérations, indexés sur l’inflation et les besoins économiques, afin d’assurer le maintien du pouvoir d’achat. Cette logique d’anticipation vise à créer un cadre prévisible et soutenable de revalorisation, en s’appuyant notamment sur des mécanismes tels que l’indexation partielle des grilles salariales sur l’inflation, l’ajustement périodique du socle indiciaire pour les bas salaires, ou encore la mise en place de clauses de revoyure annuelle dans les accords collectifs, en rupture avec les décisions ponctuelles et isolées du passé.
Point d’indice et GIPA écartés : une stratégie à la cohérence discutée
Pourtant, cette orientation se heurte à une limite structurelle : le refus de revaloriser le point d’indice en 2025 et la suppression de la GIPA. Ces deux leviers, traditionnellement utilisés pour compenser l’inflation, sont mis de côté, au risque d’amoindrir l’effet des mesures ciblées sur l’ensemble de la fonction publique. Cette absence d’outils transversaux interroge la cohérence globale du discours ministériel, même si le ministre pourrait envisager d’autres dispositifs plus ciblés, comme des primes exceptionnelles ou des réformes des grilles indiciaires spécifiques à certains métiers, notamment vis-à-vis des engagements précédents et des attentes fortes des partenaires sociaux.
En s’attaquant à la question des bas salaires, le ministre entend poser les jalons d’une réforme plus juste et plus équitable. Toutefois, le manque de mesures générales, telles que la revalorisation du point d’indice ou la reconduction de la GIPA, réduit la portée de ce changement et introduit une tension dans le discours gouvernemental. Pour être pleinement crédible et efficace, la politique salariale à venir devra intégrer une réflexion structurelle sur l’ensemble des rémunérations, afin de restaurer la confiance des agents et renforcer l’attractivité des métiers publics.